MAYATZAL
Catégorie :
Identité visuelle
Durée Prestation :
2-3 sem
Emplacement :
Non défini
Précision : ce projet est fictif. Personne ne m'a commandé cette marque, personne n'a validé ce logo. C'est un exercice que je me suis lancé, et c'est peut-être ça qui m'a permis d'aller plus loin que d'habitude, sans brief à cocher ni client à rassurer.
Un energy drink, encore un ? Ça fait beaucoup là non ?
Une boisson énergétique. Sur le papier, c'est probablement l'exercice le plus casse-gueule qui existe en identité visuelle. Le secteur a déjà tout inventé : les néons, les formes tranchantes, les typographies "gaming", l'agressivité comme unique langage. Ouvrez n'importe quel rayon, et vous verrez trente marques qui se ressemblent toutes, persuadées chacune d'être la plus "explosive".
Si j'avais suivi ce chemin, j'aurais fait un bon logo. Un logo qui ressemble à tous les autres, mais en bien fait. Le problème, c'est que "bien fait comme les autres" ne raconte jamais rien.
Alors avant de sortir une seule esquisse, j'ai pris le temps de me poser une question toute bête. Pas "à quoi ça doit ressembler", mais celle qu'on n'a jamais le temps de se poser : est-ce que cette marque avait vraiment besoin d'être inventée ? Ou est-ce qu'elle existait déjà quelque part, et qu'il fallait juste aller la chercher ?
Une énergie qui ne vient pas d'un laboratoire
La plupart des energy drinks vendent une énergie fabriquée, instantanée, presque chimique. J'ai eu envie de l'inverse : une énergie qui existe depuis toujours, qu'on n'invente pas mais qu'on retrouve. Une énergie qui aurait une origine, une mémoire, un lieu.
C'est là que la civilisation maya s'est imposée. Pas comme un thème qu'on plaque pour faire joli et exotique, ça, c'est le réflexe "vas-y, mets-nous des motifs aztèques, ça fera stylé" que j'ai justement voulu éviter. Mais parce que cette civilisation avait une caractéristique rare : elle faisait de chaque forme un langage, de chaque symbole une intention. Rien n'était gratuit chez eux. Ça tombait bien, c'est exactement l'exigence que je m'impose sur un logo.
L'ornementation : pourquoi je n'ai pas dessiné, mais convoqué
J'aurais pu inventer des motifs "à la manière de", plus simple, plus rapide, moins engageant. Je ne l'ai pas fait. Les rangées de cercles sur les ailes, les chevrons superposés sur le corps, les rayons qui émanent du centre : ce sont des éléments qui appartiennent directement au vocabulaire décoratif et cosmologique maya. Je ne les ai pas réinventés, je les ai convoqués.
Cette nuance compte. Un motif "inspiré de" peut se vider de son sens en un clic de souris. Un motif convoqué depuis un vocabulaire réel porte avec lui une profondeur temporelle qu'aucune créativité, aussi bonne soit-elle, ne peut simuler à partir de rien. Porter Mayatzal, c'est porter quelque chose de vieux comme le monde, et ça, ça ne s'invente pas un mardi après-midi.
Le Quetzal : pourquoi pas un jaguar, pourquoi pas un aigle
Le choix de l'oiseau n'était pas évident. Un jaguar aurait donné de la puissance brute. Un aigle, de la verticalité facile. J'ai choisi le Quetzal parce qu'il porte une contradiction intéressante : c'est un oiseau sacré, associé à la liberté et à la beauté, au point que ses plumes valaient autrefois plus que l'or, mais ce n'est en rien un animal agressif.
C'est cette contradiction qui m'intéressait. Les ailes déployées en plein vol donnent l'énergie expansive attendue d'une boisson énergétique. Mais le regard, lui, est frontal et calme. Pas un regard de prédateur. Le regard de quelqu'un, ou quelque chose, qui connaît sa propre puissance et n'a rien à prouver. C'est ce détail, presque invisible au premier coup d'œil, qui évite au logo de tomber dans l'agressivité générique du secteur.
La typographie : le contrepoint volontaire
Il fallait un contraste, sinon tout ce travail de précision sur l'oiseau aurait donné un logo trop sage, presque trop "musée" pour une boisson qu'on attrape entre deux séances de sport. J'ai donc opté pour une typographie condensée, large, volontairement irrégulière. Un caractère brut, presque grossier à côté du soin apporté au logo-oiseau.
Ce contraste n'est pas un accident, c'est la traduction typographique de la marque elle-même : une énergie brute, mais qui vient d'un endroit précis.
Donc ?
Le résultat, c'est un mouvement vers le haut, une énergie qui ne s'épuise pas parce qu'elle n'a jamais été fabriquée, elle a juste été retrouvée. À l'image d'une boisson qui ne se contenterait pas de stimuler le corps, mais qui réveillerait quelque chose de plus ancien.











